De l’individualisme au militantisme

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Ce texte a été écrit en 2017 en introduction d’un livre que j’ai publié à l’époque
et dont la version numérique est accessible gratuitement ici
Je vais reprendre sur ce site des passages de ce livre pour mieux faire comprendre pourquoi les Législatives sont si importantes…
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Si on m’avait dit qu’un jour, je comprendrais quelque chose de précis à la politique ! Si on m’avait dit qu’un jour, je militerais pour un mouvement politique ! Si on m’avait dit que je m’attacherais à un homme politique !

J’aurais répondu que je préférais rester dans mon monde, mon monde cinéphile et musical, mon monde fait d’histoires de l’Histoire mais sans trop m’attacher au sens des mouvements historiques, mon monde axé sur l’humain au singulier, sur l’individu et pas sur les masses. Mon monde ou je votais au mieux, pour le moins pire des candidats.

J’aurais répondu que si je suivais souvent les manifestations quand elles me paraissaient justifiées, contre la guerre du Golfe en 1991, contre le financement des écoles privées en 1994 etc… et plus près de nous, contre la loi El Khomri (loi travail) pour laquelle je me suis déplacée seule à Paris… seule ? Oui parce que j’ai toujours refusé de me syndiquer durant ma vie, voulant garder mon indépendance et mon individualité et me proposant de me joindre aux mouvements syndicaux quand j’étais d’accord avec leurs revendications, ce qui arrivait d’ailleurs la plupart du temps. J’étais d’ailleurs de ceux et celles qui n’ont jamais râlé quand le métro, les trains, etc… ne fonctionnaient plus à cause de grèves. J’allais à pied ou je n’allais pas et puis voilà…

J’aurais répondu que je n’arrivais pas à suivre un discours politique, que c’était souvent du chinois pour moi… et encore, j’aurais peut-être eu plus de facilités à apprendre le chinois.

J’aurais répondu que lors d’un discours ou d’un débat politique, si par hasard j’arrivais à regarder jusqu’au bout, c’était souvent sans écouter. C’était en faisant comme les chiens, en ressentant le ton de la voix, en scrutant les gestes et les mimiques, bien plus qu’en écoutant les phrases prononcées… habitude qui me suffisait pour, ou bien apprécier, ou bien rejeter celui ou celle qui s’exprimait…

En décembre 2016, grâce à des amies animalistes qui m’ont conseillé de l’écouter, j’ai commencé à me dire que le moins pire était Jean-Luc Mélenchon. Sans pourtant plus de conviction que ça…

Et puis j’ai vu quelques vidéos… et j’ai lu “L’Avenir en commun”… Et miracle, Jean-Luc Mélenchon parlait un langage que je comprenais ! Il faisait des phrases qui avaient du sens pour la personne hermétique au vocabulaire et à la grammaire politiques que j’étais !

Et surtout, pour la première fois, j’ai entendu un homme politique qui disait: “ne restez pas dans l’ignorance, lisez, réfléchissez, renseignez-vous!”. Ces simples conseils ont suffi pour me donner confiance en lui. Celui qui veut que vous sachiez, qui veut que vous compreniez et qui vous en donne les moyens et les clés, celui-là ne peut qu’être sincère et honnête.

Et je suis allée à Paris, de Bastille à République le 18 mars 2017 avec les Insoumis creusois…
Et depuis, je n’ai raté aucun meeting, aucune vidéo, aucune intervention télévisée de Jean-Luc Mélenchon. Et j’en ai visionné d’anciennes, même de très anciennes…

Grace à lui, j’ai compris ce que je n’avais jamais eu même envie de comprendre avant. J’arrive même à écouter un peu mieux les autres politiques et surtout j’ai appris à comprendre les médias et leur fonctionnement, le pouvoir et son fonctionnement.

J’ai acquis une lucidité que je n’avais pas. J’ai acquis un pouvoir critique que je n’avais pas, du moins que je n’avais pas dans le domaine de la politique.

Si j’écris ce petit livre, c’est pour tous les gens qui disent “la politique, c’est pas pour moi, de toute façon, ils sont tous pareils”

Mais comme a dit Todd Strasser dans son roman “La vague” en 1981 : “Si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique s’intéressera à toi“. Cette phrase est tellement percutante qu’elle a été reprise plusieurs fois. Je l’ai entendue pour la première fois dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting de la campagne législative de cette année.

Je vais essayer d’éclairer certaines choses, en employant un langage “normal”. Si moi j’ai appris, tout le monde le peut.
Pour certains, je vais enfoncer des portes ouvertes mais pour les autres, j’espère que ma démarche sera utile.

Nous fréquentons tous un milieu plus ou moins homogène, nous nous regroupons par affinité sur les réseaux sociaux ou dans les associations et c’est pourquoi nous faisons l’erreur de croire que “tout le monde” ou presque pense comme nous. Or, il n’en est rien. Quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, quel que soit votre combat, quel que soit votre centre d’intérêt, vous faites toujours partie d’une minorité. Il y aura toujours plus de gens à l’extérieur de votre groupe (associatif, communauté Facebook, profession, etc…) qu’inclus dans votre groupe.

J’ai quasiment toujours ça en tête quand je me permets d’expliquer ce que je comprends, ce que je pense et ce que je ressens.

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