Comment Mélenchon est-il diabolisé ?

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En philosophe et en homme d’expérience de la vie politique et même de la vie tout court, en homme qui a acquis une sagesse due à sa connaissance et à son analyse de l’Histoire et de la géopolitique, Jean-Luc Mélenchon tente toujours de faire la part
des choses et lorsqu’il affirme trouver des qualités à un homme politique, à un homme d’état ou à un régime, il ajoute toujours les réserves qu’il émet quant aux aspects négatifs de ce même homme politique, homme d’état ou régime.
Il se refuse toujours à ne rester qu’approximatif et approfondit toujours son sujet. En résumé, il n’a pas le défaut que nous avons quasiment tous, celui d’être trop tranchés en cautionnant ou, au contraire, en refusant tout d’un bloc telle ou telle personne, tel ou tel régime.

C’est cette sagesse dont fait preuve Mélenchon qui lui est niée par les medias, par la gauche libérale mais aussi par l’extrême-droite.
Non que Mélenchon ne soit pas compris par ces gens mais il leur est très facile de ne prendre qu’une partie de la réflexion, soit celle qui est pour, soit celle qui est contre selon ce qui les arrange. La parole de Jean-Luc Mélenchon est alors réduite à ce qui permet à ses adversaires de le discréditer.

C’est paradoxalement parce qu’il a une démarche intellectuelle honnête que Mélenchon est facilement catégorisé comme
dictateur, sectaire, etc… et il faut bien dire que son franc-parler a aussi joué contre lui. Sa faconde a facilité le travail des médias, son verbe haut leur a permis de trouver facilement des coups de gueules qui, isolés de leur contexte, ont fait apparaître Jean-Luc Mélenchon comme un être irascible.
Du coup, on a une sorte de cercle vicieux : Mélenchon se méfie des journalistes, les considérant comme des ennemis, il a dit plusieurs fois qu’il se sentait comme le taureau dans l’arène. Et les journalistes tentent de piéger Mélenchon qui s’en méfie donc un peu plus. Etc…

Quand Mélenchon dit qu’il a beaucoup appris de Chavez et qu’il rajoute aussitôt que pour lui, le régime politique du Venezuela ne saurait être un modèle pour la France, seule la première partie de sa phrase est conservée par ses détracteurs.
Pourquoi ? Parce qu’ils savent très bien qu’une grande majorité des gens ne vont écouter que les résumés diffusés aux
informations, ne vont lire que les gros titres sur les pages d’accueil de SFR, d’Orange ou de Google. Combien de personnes vont lire un article entier ? bien peu.
D’abord parce que nombre d’articles ne sont accessibles qu’aux abonnés et que ne pouvant s’abonner à tout, le lecteur va se contenter des premières lignes d’un article. Premières lignes choisies, bien évidemment, pour amener le lecteur à avoir telle ou telle opinion.
Et aussi parce que nous sommes dans une société où tout doit aller vite et où tout est résumé.
De plus, les chaînes télé dites “d’information continue”, comme CNews, LCI ou BFMTV, au lieu de profiter d’un temps d’antenne continu pour traiter en profondeur de nombreux sujets, nous assènent un rabâchage continuel d’une dizaine de sujets choisis et résumés à des propos manipulateurs.

La place étant surtout faite belle aux sujets susceptibles de déchaîner des sentiments comme certains faits divers qu’on monte en mayonnaise jusqu’à écœurement total.

Nous assistons donc à des affirmations répétées et répétées encore, à des extraits choisis d’une interview ou d’une conférence de presse, extraits réduits aux quelques secondes suffisantes à faire paraître un homme politique ou toute autre personne pour ce qu’on veut qu’il ou elle paraisse.

Une personne qui n’a que peu de temps pour s’informer va entendre plusieurs fois la même affirmation, dite ou présentée de
façon appuyée. Et bien entendu, les medias ajoutent à ces affirmations l’avis présenté comme éclairé de divers experts
économistes ou politiques, avis soutenu par quelque éditorialiste à la parole ambiguë, à l’élocution rapide, au visage et à la posture exprimant une supériorité sur celui ou celle qui l’écoute.

Et si vous ne comprenez pas toujours le raisonnement qui aboutit à une conclusion, la conclusion, elle, vous sera assenée de façon nette et affirmative qui fera que vous ne douterez absolument pas quand on vous aura dit “Mélenchon est un ami de Poutine” ou “Mélenchon veut installer la dictature vénézuélienne en France”.

Pourtant ces affirmations sont tellement énormes et grossières que personne ne devrait même y prêter attention. Mais comme on dit “plus c’est gros, plus ça passe!”.
Nous voyons bien d’ailleurs sur les pages des réseaux sociaux, quel est le genre de personnes qui répètent et répètent encore ces affirmations sans les accompagner d’aucun argument mais en les illustrant avec des dessins ou des montages aussi peu conformes à la réalité que les phrases diffamatoires qui les engendrent.

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